Qu'est-ce que la génomique en santé publique?

Génomique et santé publique

En 2004, la Fondation Rockefeller mettait sur pieds le Bellagio Group on Public Health Genomics, dirigé par trois scientifiques, Wiley Burke (Seattle), Muin Khoury (CDC, Atlanta) et Ron Zimmern (PHG Foundation, Cambridge) et proposait une première description des enjeux de la «génomique en santé publique». La déclaration du groupe Bellagio (Bellagio Statement) a conduit à la création d’un forum international: le GRAPH (Genome-based research and population health international network) dont le but principal est la promotion d’un transfert efficace des connaissances sur le génome pour le bénéfice de la santé des populations.

Dans ce cadre, la génomique en santé publique a été définie comme étant une nouvelle branche de la santé publique qui réunit les connaissances acquises en science génétique et moléculaire avec l’étude des populations et les sciences humaines et sociales. L’expertise accumulée en génomique de la santé publique vise principalement à mettre sur pieds des programmes et des politiques destinés à protéger et promouvoir la santé des populations. En d’autres termes, la génomique de la santé publique a pour but de traduire la portée des connaissances résultant des biotechnologies et de l’épidémiologie génétique dans le domaine de la santé publique, en particulier pour mieux comprendre et lutter contre les maladies chroniques et infectieuses.

Ce nouveau champ de recherche marque un changement conceptuel tant en santé publique qu’en génomique. En effet, il implique non seulement une prise en compte de considérations propres à des aspects de santé publique dans les recherches et applications liées à la génomique, mais encore, il requiert une analyse de l’impact de la génomique sur le concept de santé publique lui-même. Ce champ de recherche amène également une nouvelle dimension en bioéthique: l’utilisation de la génomique en santé publique nécessite une attention particulière à la recherche d’un équilibre entre la protection des intérêts individuels et les bénéfices de la mise en œuvre de mesures résultant des progrès de la génomique au niveau de populations entières.

L’intégration future de la génomique dans les politiques et les pratiques de santé publique constitue l’un des plus grands défis auquel devront faire face les systèmes de santé. De nombreuses maladies chroniques sont de nature multifactorielle. C’est dire que les facteurs environnementaux et sociaux demeurent des déterminants de santé tout aussi importants que les facteurs génétiques ou génomiques. Pour concrétiser les découvertes scientifiques liées à ces derniers facteurs dans des mesures de santé publique, il est néanmoins nécessaire de poursuivre la recherche, notamment par des études épidémiologiques et des études génétiques à grande échelle visant à identifier les associations entre les gènes et les maladies, y compris les infections parasitaires (par exemple la malaria), virales (par exemple le VIH ou l’hépatite) et bactériennes (par ex. la tuberculose ou le choléra).
 

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Sélection de références

Bellagio Statement. Genome-based Research and Population Health. Report of an expert workshop held at the Rockefeller Foundation Study and Conference Center, Bellagio, Italy, 14–20 April 2005. En ligne (Consulté en janvier 2010).

Brand, A., Brand, H., Schulte in den Bäumen, T. The impact of genetics and genomics on public health. Eur J Hum Genet 2008; 16: 5–13.

OMS (Organisation mondiale de la santé). (2002) Genomics and the World Health. Report of the Advisory Committee on Health Research. Geneva. En ligne (Consulté en janvier 2010).